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La reconversion, une réalité sociétale… inévitable !

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Si par le passé il était envisageable de planifier sa carrière de manière linéaire dans la même entreprise, cela devient difficile d’imaginer aujourd’hui, à moins de vouloir passer pour une espèce en voie de disparition.

Chronique d’une obsolescence annoncée par Laetitia Bonnissant, directrice inter groupe chez ABILWAYS et DGA d’EFE.

Il n’est qu’à voir la tête incrédule – ou l’air désolé selon leur degré d’empathie – de vos dernières recrues qui n’ont pas encore passé le quart de siècle, quand vous leur dites fièrement que cela fait plus de 20 ans que vous êtes dans la même entreprise… un dinosaure en quelque sorte. Rester dans la même entreprise toute une carrière, cela semble déjà ubuesque pour la jeune génération… mais ce n’est rien par rapport au fait d’envisager le même métier pendant 40 ans… une chimère absolue. Pourquoi me direz-vous ? Parce que les gens ont envie de changement ? Parce que le chômage risque d’augmenter ? Parce que les temps changent ? Un peu de tout en fait.

On peut lire un peu partout que 6 métiers sur 10 exercés en 2030 n’existent pas encore à ce jour. Déjà en 2015, un cabinet américain (Wagepoint) avait sorti une étude démontrant que parmi les 10 emplois les plus sollicités à l’époque, aucun d’entre eux n’étaient exercés en 2004… soit seulement 11 ans plus tôt. Et je vous assure qu’il n’agissait pas de métiers “exotiques” mais de métiers très demandés aujourd’hui comme spécialiste du développement durable, développeur d’applications mobiles, community manager… Alors penser que 60% des métiers qui façonneront notre avenir n’ont pas encore été inventés n’est pas de la science-fiction, mais bien une réalité sociétale à laquelle nous allons devoir faire face. Certains ont déjà commencé à lister des métiers possibles qui n’existent pas encore comme juriste spécialiste des drones, imprimeur de maison 3D, banquier peer-to-peer… Mais il existe déjà des métiers émergents où les entreprises peinent à recruter comme data scientist, data protection officer, UX Designer… Faute d’avoir suffisamment de personnes formées à ces nouveaux métiers.

Si les innovations technologiques et les évolutions sociétales vont permettre la création de nouveaux emplois, il ne faut pas se voiler la face : beaucoup d’emplois actuels vont disparaître notamment à cause de la robotisation, de l’automatisation et de la numérisation. À titre d’exemple, la profession comptable anticipe déjà la destruction de 100 000 postes dans les 10 ans à venir avec l’émergence de l’intelligence artificielle. Métiers du futur, métiers émergents, disparition d’anciens métiers… il devient indispensable dès à présent d’anticiper notre propre obsolescence en nous formant en permanence ! 

Mais changer de métier ne s’improvise pas : la reconversion professionnelle se prépare via une démarche structurée qui inclut un bilan personnel, une exploration approfondie de son environnement et surtout un parcours de formation pour se qualifier dans un nouveau métier ou acquérir de nouvelles compétences. Le vaste plan d’investissement de 15 milliards d’euros promis par le Président de la République Emmanuel Macron pour favoriser la mobilité des travailleurs français devrait faciliter cette reconversion devenue inévitable… À suivre.

 

Quels sont les différents modes de financement possibles ? 

Le dispositif idéal pour mettre en place un projet de reconversion est le CIF (congé individuel de formation). Ce dispositif est accessible aux salariés ayant 24 mois d’ancienneté en tant que salarié dont 12 mois dans l’entreprise actuelle. Il poursuit plusieurs objectifs : sa qualifier, évoluer et se reconvertir. Il est proposé dans le cadre du plan de formation de l’entreprise. Le CIF est possible également pour des personnes pour des personnes en CDD à condition qu’ils aient 24 mois d’expérience professionnelle au cours des 5 dernières années dont 4 mois de CDD dans les 12 derniers mois.

Un dossier de CIF se monte environ 6 mois à l’avance en suivant des étapes précises :

  1. Choisir l’organisme de formation qui va dispenser la formation
  2. Faire valider son profil par cet organisme – il peut y avoir des tests ou entretiens de validation à prévoir – et obtenir un devis et un programme
  3. Soumettre le projet à l’employeur pour qu’il autorise l’absence pendant la formation (ce dernier ne peut refuser votre départ en formation. Il peut néanmoins vous demander de décaler votre projet en le justifiant).
  4. Envoyer votre demande de financement à l’OPCA.

Le CIF a pour vocation de permettre la mise en oeuvre de projets nécessitant une formation longue, diplômante, inscrite au RNCP (Répertoire national de la certification professionnelle) et est, par le fait, éligible au CPF. En effet, le CIF est le seul dispositif qui peut être abondé par les heures CPF. En mobilisant les heures de votre compte personnel de formation pour celui-ci, une enveloppe financière supplémentaire peut être déclenchée. Cela pourra également faciliter la demande de prise en charge de votre dossier. Si votre demande de financement est refusée par l’OPCA (organisme collecteur agréé), il est possible de faire un recours auprès de celui-ci.

On peut également envisager de demander à l’employeur le financement dans la cadre d’une période de professionnalisation, mais le salaire ne sera pas pris en compte. L’employeur n’a aucune obligation dans ce cas.


Laetitia BONNISSANT, Directrice inter Groupe chez ABILWAYS et DGA d’EFE

lbonnissant@abilways.com

 

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