Fonction RH inspirante
Tendance RH

Pour une fonction RH inspirante

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Le « RH bashing » est-il une réalité ? Comment (re)légitimer la fonction RH pour faire face à cette forme de défiance ? En attendant de le retrouver à l’occasion de la prochaine conférence EFE, Michel Barabel – spécialiste des problématiques RH et managériales – nous livre sa vision.

Quelle est votre mission sur terre ?

Je ne pense pas avoir une mission sur terre mais de multiples ! Mais si je devais n’en choisir qu’une : ce serait « d’apprendre et de transmettre ». Je n’ai pas choisi le métier d’enseignant. Il ne faisait pas partie de mon plan de carrière. Il s’est plutôt imposé à moi par hasard suite à une série de choix mais c’est l’une des meilleures choses qui me soit arrivée. Car je n’envisage pas une journée sans apprentissage et transmission. Le concept « Apprendre tout au long de sa vie » s’applique vraiment à moi. Ma curiosité intellectuelle est insatiable. Mais je tournerais en vase clos si je ne pouvais pas partager, transmettre, échanger sur mes apprentissages. Mon métier d’enseignant est ce qui fait le plus sens dans ma vie professionnelle. Donc ma mission sur terre : faire de la connaissance un flux sans fin.

 

On parle de RH bashing, est-ce vraiment justifié ?

Oui et non. Je ne fais pas partie de ces RH qui pensent que parler du RH bashing c’est l’amplifier et que ce phénomène s’estompera de lui-même si on ne réagit pas. Il faut être assez aveugle pour ne pas voir que l’image de la profession est mauvaise. Pas une enquête salariés ou dirigeants qui ne nous renvoie pas une image négative de la fonction RH. Les dirigeants nous reprochent de ne pas créer de la valeur et de ne pas être assez stratégique. Les salariés nous considèrent comme trop proche de la direction générale et de ne pas savoir les protéger. La fonction RH se retrouve ainsi un peu au milieu du gué avec des « clients insatisfaits » aux attentes différentes. 

Dans les arguments à charge contre la fonction, je partage le diagnostic de ceux qui constatent que ces dernières années la fonction a perdu en humanité, proximité, simplicité et efficacité. Nous nous sommes un peu fait aveugler par le concept de RH Business Partner (logique gestionnaire et instrumentale) et le fait que les DRH des grands groupes ont intégré les CODIR et les COMEX (montée en gamme).

A contrario la critique systématique, exagérée et sans mesure me contrarie également. La fonction RH n’est pas coupable de tous les maux dont on l’accuse. Mais les DRH doivent s’améliorer sur les services rendus et le faire savoir. Ils doivent aussi se réinventer pour apporter des solutions au nouveau contexte environnemental fortement impacté par les technologies, la mondialisation et les nouvelles aspirations des collaborateurs et des clients.

 

Quels sont les principaux axes de légitimité pour repositionner la fonction RH ?

Dans le cadre du collectif « Reconquête RH », j’en ai identifié plus d’une dizaine mais si j’en retiens deux :

  • La fonction RH doit revenir à ses fondamentaux à savoir : l’humain. Plus la société se digitalise, plus les RH sont attendus sur leurs capacités à créer des expériences humaines, des liens forts et des environnements de travail épanouissants. J’aime bien le concept d’entreprise vivante et humaine. Il faut l’incarner dans les actes et quotidiennement au-delà des discours.
  • La fonction RH doit travailler son côté Geek (elle doit hacker le digital : tirer le meilleur parti des technologies, automatiser les tâches à faible valeur ajoutée pour réinvestir le temps gagné dans les activités à forte valeur ajoutée, tester les meilleures applications, éduquer les collaborateurs et les protéger…) et son côté Innovateur (culture du test en learn, lancer de nouveaux services, développer la créativité des collaborateurs, surprendre, travailler l’agilité et la résilience…).

Surtout elle doit être ambidextre : incarner à la fois une forte humanité et une forte efficacité (performance, ROI…). L’un ne va pas sans l’autre. Si vous ne développez qu’une dimension, il vous manque une jambe !

 

Si vous deviez citer une source d’inspiration dans votre métier, quelle serait-elle ?

Mon inspiration est souvent liée à des associations d’idées et à des transpositions d’un domaine à un autre. Par exemple, une œuvre musicale, un concert, la lecture d’un roman, une rencontre vont souvent générer chez moi ce que j’appelle des « flashs inspirationnels » et des prises de conscience d’un état de fait que je vais ensuite essayer « d’importer » dans le monde professionnel et dans mes travaux ou mes enseignements. A ce propos, je trouve que le pouvoir des métaphores est extrêmement puissant et que c’est parfois le meilleur moyen de faire passer une idée.

 

Pour en savoir plus, retrouvez-nous le 27 mars lors de la conférence EFE « Réenchanter la fonction RH » – saison 2.

 

Michel Barabel

Michel BARABEL est maitre de conférences à l’Université Paris Est où il dirige le Master 2 « GRH dans les multinationales » . Il est par ailleurs professeur affilié à SciencesPo Executive Education où il assure la direction scientifique de l’Executive Master RH.

Il est également Directeur des publications du Lab RH, membre du comité de rédaction de la revue Personnel (ANDRH) et chroniqueur pour divers médias (Management, Entreprise et Carrières, Jobsféric, Actuel RH…).
Enfin, il dirige le groupe Dever qui intervient auprès de direction de grands groupes (Air France, Dassault Aviations, Thales, L’Oréal, Bouygues, …) sur des problématiques RH et managériales.

Il interviendra lors de la prochaine édition de la conférence EFE « Réenchanter la fonction RH ».

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